Le pays s'est soulevé pour l'électricité. Un an après, c'est sa facture qui augmente.
Le 25 septembre 2025, des manifestations menées par la Gen Z contre les coupures d'eau et d'électricité ont commencé à Antananarivo. En trois semaines, le pouvoir en place était tombé. Un an plus tard, on a repris sept prix et indicateurs du quotidien pour les comparer à ce qu'ils étaient alors.

Qu'est-ce qui a le plus augmenté en un an ?
Le salaire minimum : 262 680 ariary par mois en septembre 2025, 300 000 depuis mars, 315 000 au 1er octobre.
Près de 20 % en douze mois. Aucun autre indicateur de cette liste n'a bougé autant.
La réserve reste la même qu'au moment de l'annonce : ce minimum ne s'applique qu'à un travailleur sur neuf, ceux qui touchent un salaire déclaré.
L'essence a-t-elle flambé ?
Non, et c'est la première surprise. Le litre de super se vendait 5 090 ariary début septembre 2025 ; il se vend 5 300 ariary depuis le 5 septembre 2026.
Soit 4 % de plus en un an. C'est moins que l'inflation : en pouvoir d'achat réel, le plein coûte un peu moins cher qu'il y a un an.
Le résultat tient à un mécanisme précis : l'ajustement mensuel est plafonné à 200 ariary, à la hausse comme à la baisse, ce qui lisse les chocs pétroliers.
L'ariary s'est-il effondré ?
C'est l'inverse qui s'est produit. Un dollar coûtait en moyenne 4 635 ariary sur l'année 2025 ; il en coûte 4 303 à la mi-septembre 2026.
Le dollar est donc 7 % moins cher en ariary qu'il y a un an. Une instabilité politique fait d'ordinaire fuir les devises ; ici, la monnaie s'est renforcée.
Le socle est là : les réserves de change sont passées de 3 067 à 3 676 millions de dollars entre juin 2025 et juin 2026, soit sept mois d'importations couvertes.
L'inflation a-t-elle reculé ?
Non : elle était de 7,5 % sur un an en octobre 2025, et le dernier relevé de la Banque centrale la situe à 8,6 %.
Un point de plus, sur un an. La monnaie tient, les prix intérieurs, eux, continuent de monter.
La Banque centrale a réagi en août : le taux directeur est passé de 12 % à 12,5 %, première hausse depuis mai 2025. Le crédit est un peu plus cher qu'il y a un an.
Et l'électricité, le déclencheur de tout ?
Son tarif n'a pas bougé depuis un an. Il n'a pas bougé depuis cinq ans : la grille résidentielle en vigueur date de juin 2021.
C'est précisément ce qui change le 1er octobre. Une hausse de 10 % est prévue pour les catégories Confort et Super Confort.
Sur les sept indicateurs de ce bilan, l'électricité est le seul dont la hausse est encore devant nous. Ce qui a mis le pays dans la rue est ce dont la facture va monter.
Que retenir de ce bilan ?
Que les deux peurs classiques d'une crise politique, la monnaie qui décroche et le carburant qui flambe, ne se sont pas réalisées. L'ariary s'est renforcé et l'essence a suivi l'inflation de loin.
Que le quotidien, lui, reste tendu : les prix intérieurs montent d'un point de plus qu'avant, et le crédit a renchéri.
Et que la question de départ, celle de l'électricité, n'a pas trouvé de réponse dans les prix. Elle en trouvera une le 1er octobre, dans l'autre sens.


