Marchés & matières premières

Trois carburants, une seule hausse. Elle épargne la lampe et le taxi-brousse.

Une hausse du prix du carburant à Madagascar ne se lit pas au montant affiché, mais au produit concerné. Celui qui a augmenté samedi fait rouler les voitures particulières. Ceux qui transportent le riz et éclairent les maisons sans électricité n'ont pas bougé.

Partager
WhatsAppFacebookLinkedInX
Taxi-brousse Nord-Sud chargé de bagages sur une route nationale à Madagascar
Photo : Jean-Louis Vandevivère / Wikimedia Commons, CC BY 2.0

Quel est le nouveau prix du carburant à Madagascar ?

L'Office malgache des hydrocarbures a publié de nouveaux prix maxima applicables au samedi 5 septembre 2026. Le super carburant SP95 passe de 5 100 à 5 300 ariary le litre. Le gasoil reste à 4 860 ariary et le pétrole lampant à 3 710 ariary.

La hausse porte donc sur un seul des trois produits. Elle représente 200 ariary de plus au litre, soit près de 4 %.

Sur un plein de 40 litres, cela fait 8 000 ariary de plus qu'avant samedi.

Pourquoi le gasoil compte plus que l'essence pour votre budget ?

Le SP95 alimente surtout les voitures particulières et les motos. C'est un carburant de déplacement individuel.

Le gasoil fait tourner les taxis-brousse, les camions et une partie des groupes électrogènes. Il entre dans le coût de tout ce qui circule avant d'arriver sur un étal.

Quand le gasoil monte, le transport du riz monte, et le prix au kilo suit, très inégalement selon les régions.

Le pétrole lampant, lui, éclaire et fait cuire dans les foyers sans électricité. C'est la dépense énergétique des ménages les plus modestes.

Ces deux-là n'ont pas bougé. Pour un commerçant comme pour un foyer sans voiture, la facture de septembre est celle d'août.

Qui décide de ces prix, et à quel rythme ?

Les prix à la pompe ne sont pas libres à Madagascar. Un mécanisme d'ajustement automatique les révise chaque mois, produit par produit.

Il croise trois données : les cours internationaux du pétrole, le taux de change de l'ariary, et les coûts d'import et de distribution.

Chaque produit a sa propre structure de prix et son propre cours de référence. C'est pourquoi le SP95 peut monter quand le gasoil ne bouge pas.

Le mécanisme prévoit aussi une limite. Aucune révision mensuelle ne peut dépasser 200 ariary par litre, à la hausse comme à la baisse.

La hausse de samedi est exactement de 200 ariary.

Pourquoi ce mécanisme avait-il été mis à l'arrêt ?

Le dispositif existe depuis 2025. Il a été suspendu en avril 2026, quand les cours mondiaux ont grimpé trop vite pour être répercutés à la pompe.

Geler les prix protège le pouvoir d'achat sur le moment. L'écart entre le coût réel et le prix affiché ne disparaît pas pour autant : il est porté ailleurs, par l'État et par les distributeurs.

Le Conseil des ministres a rétabli l'ajustement automatique en juillet 2026. Le directeur général de l'OMH, Cydolain Raveloson, a rattaché cette décision aux engagements pris auprès des partenaires techniques et financiers, dont le FMI.

Le pays sortait alors d'une crise d'approvisionnement qui avait justifié un état d'urgence énergétique.

Ce qu'il faut surveiller

La révision est mensuelle. Une nouvelle grille peut donc tomber dans un mois, dans un sens comme dans l'autre.

Le chiffre à suivre n'est pas le SP95. C'est le gasoil : c'est lui qui fixe le coût du transport, donc une part de ce que vous payez au marché.

Une hausse du carburant remonte aussi dans l'électricité, parce qu'une part de la production de la Jirama reste thermique — un poste que sa grille tarifaire doit déjà faire bouger en octobre.

Nous suivons ces trois prix, relevé par relevé, dans notre Argus des carburants.

Pour un ménage sans voiture, samedi n'a rien changé. La question est de savoir combien de mois cette exception va tenir.

Partager
WhatsAppFacebookLinkedInX