La Jirama a un tarif qui s'appelle Social. Ce n'est pas le moins cher.
La Jirama classe ses abonnés en quatre tarifs. Le premier s'appelle Social, et il porte bien son nom sur les cinquante premiers kilowattheures. Passé ce seuil, il devient le plus cher des quatre. C'est aussi le seul que la hausse annoncée pour octobre ne touchera pas.

Pourquoi le tarif Social n'est-il pas le moins cher ?
Le tarif Social affiche le prix le plus bas de la grille Jirama : 130 ariary le kilowattheure. Ce prix ne couvre que les cinquante premiers kilowattheures du mois.
Au-delà, l'abonné passe à 764 ariary l'unité. Presque six fois plus.
Au même moment, un abonné Confort paie son kilowattheure 370 ariary. Un abonné Économique, 340.
Entre 50 et 300 kilowattheures par mois, le tarif appelé Social est donc le plus cher des quatre.
Une nuance joue en sens inverse. Le tarif Social ne paie pas de prime fixe, et sa redevance est de 1 000 ariary par mois contre 8 000 à 15 000 ailleurs.
Sur la facture complète, l'écart se resserre. Il ne s'annule pas.
Qui paiera 10 % de plus en octobre ?
Deux catégories sur quatre : Confort et Super Confort. Le plan de redressement de la Jirama leur applique une hausse de 10 % à partir d'octobre 2026.
Les tarifs Social et Économique ne sont pas concernés.
La catégorie ne dépend pas de ce que vous consommez. Elle dépend de la puissance souscrite sur votre compteur.
Comment savoir si je suis concerné ?
Regardez le code tarifaire imprimé sur votre facture. Il vaut 10, 20, 25 ou 40, et c'est lui qui tranche.
Tarif 10, c'est Social : jusqu'à 2,2 kW souscrits. Tarif 20, Économique : jusqu'à 3,3 kW.
Tarif 25, Confort : jusqu'à 6,6 kW. Tarif 40, Super Confort : au-delà de 6,6 kW.
Si vous lisez 25 ou 40, la hausse vous concerne.
Combien ça fait sur une facture ?
Prenons un ménage en Confort qui consomme 200 kilowattheures par mois. Sur la seule part énergie, sa facture passe de 90 100 à 99 110 ariary.
Neuf mille ariary de plus chaque mois. Un peu plus de 108 000 ariary sur l'année.
S'y ajoutent la prime fixe et la redevance, comptées à part. C'est une dépense contrainte de plus, prélevée sur un pouvoir d'achat que l'inflation érode déjà.
Pourquoi la Jirama augmente-t-elle ses tarifs ?
Elle vend l'électricité moins cher qu'elle ne la produit. En 2025, le kilowattheure lui coûtait 1 225 ariary et se vendait 795 en moyenne.
430 ariary de perte sur chaque unité vendue. Sur l'année, un besoin de financement de 1 030 milliards d'ariary, que l'État doit combler.
La dette accumulée dépasse 5 300 milliards d'ariary. Soit 7,6 % du produit intérieur brut du pays.
Une part majoritaire de la production reste thermique. Chaque tension sur le carburant remonte donc directement dans le coût du kilowattheure.
Est-ce que la hausse suffira ?
Non, et c'est le plan de redressement lui-même qui le dit. Le prix de vente moyen doit passer à 855 ariary en 2026, soit 7,5 % de plus.
Le coût de production, lui, passe à 1 319 ariary. Soit 7,7 %.
L'écart entre les deux ne se referme pas. Il s'élargit, de 430 à 464 ariary par kilowattheure.
Pourquoi les entreprises paient-elles depuis plus longtemps ?
Leur grille a déjà été révisée deux fois, en janvier 2023 puis en novembre 2024. La seconde révision porte un calendrier de trois hausses annuelles d'environ 16 %.
La dernière grille résidentielle publiée par le régulateur, elle, date de juin 2021.
Pendant cinq ans, l'ajustement a été porté par les entreprises. Pour une petite structure, octobre 2026 est une troisième hausse, pas une première — un poste à intégrer dès qu'on monte un plan de financement.
La hausse d'octobre est-elle certaine ?
Pas encore. Le calendrier date de juillet 2025 et reste conditionné à l'accord de l'Office de régulation de l'électricité.
À un mois de l'échéance, aucune nouvelle grille résidentielle n'a été publiée.
Le contexte a changé entre-temps. Le pays a traversé un état d'urgence énergétique en avril 2026, et le gouvernement qui a fixé ce calendrier n'est pas celui qui devra l'appliquer.
Reste qu'une hausse de l'électricité finit toujours dans les prix. C'est exactement la pression que surveille la Banque centrale quand elle relève son taux directeur.


