Marchés & matières premières

La semaine où la douane a saisi plus d'or que le premier envoi légal n'en contenait.

Le 20 septembre, trois lingots d'or ont quitté Madagascar par la voie légale, via le guichet unique de l'aéroport d'Ivato. Une semaine plus tôt, au même aéroport, la douane en interceptait presque le double, en contrebande. Ce que ces deux chiffres, pris ensemble, disent d'un circuit qu'on rouvre pour la quatrième fois en six ans.

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Terminal des départs internationaux de l'aéroport d'Ivato, Antananarivo
Photo : Lemurbaby / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Qu'est-ce qui a repris le 20 septembre ?

L'exportation légale d'or, via le guichet unique installé à l'aéroport d'Ivato. Le premier envoi pesait 2,60 kilos, trois lingots.

Ce guichet réunit sous un même toit l'administration minière, la Centrale de l'or, le laboratoire des mines, le Trésor, la douane et l'agence anti-fraude. Chaque envoi y est pesé, testé et marqué avant embarquement.

Que s'est-il passé une semaine plus tôt, au même aéroport ?

Le 13 septembre, la douane a intercepté près de 6 kilos d'or en contrebande, toujours à Ivato. Plus du double du poids du premier envoi légal.

Ce n'était pas un incident isolé. Sur le seul premier semestre 2026, plus de 12 kilos ont déjà été saisis, en cinq opérations distinctes.

En janvier, 5,16 kilos dissimulés dans des batteries externes trafiquées. En février, 5,8 kilos sur un passager en partance pour Dubaï.

Ce n'est pas la première fermeture. L'export légal a été suspendu en 2020, rouvert en avril 2023, relancé en 2024, puis suspendu de nouveau.

Le ministère des Mines a été direct sur la raison du dernier blocage : la mesure n'était pas parvenue à arrêter les exportations clandestines.

Autrement dit, fermer le guichet légal n'a pas fermé le circuit illégal. Les deux chiffres de septembre le confirment.

2,60 kilos, est-ce beaucoup ou peu ?

C'est un premier envoi, pas un bilan. Il ne faut pas le lire comme le rythme que prendra l'export légal dans les mois qui viennent.

Il donne malgré tout une échelle.

Madagascar produirait environ 20 tonnes d'or chaque année, selon le gouverneur de la Banque centrale. Face à ce volume, 2,60 kilos ne pèsent presque rien.

Qui peut exporter légalement de l'or ?

Seules les entreprises titulaires d'un agrément de comptoir de l'or. Deux d'entre elles ont déposé un dossier lors de cette première réouverture.

Ni leur nom, ni le nombre total de comptoirs agréés dans le pays n'ont été précisés dans l'annonce.

Qu'est-ce qui pourrait faire pencher la balance, cette fois ?

Rien dans le dispositif annoncé ne diffère fondamentalement des tentatives précédentes. Le guichet unique existait déjà avant les suspensions passées.

Ce qui a changé depuis l'été, en revanche, c'est le prix de l'or et l'ouverture d'une régularisation pour les exploitants à engins lourds, lancée le 24 août. Deux incitations à vendre par le circuit légal plutôt que par la valise.

Si le volume légal reste sous celui de la contrebande saisie dans les mois qui viennent, ce sera le signe que ces incitations n'ont pas suffi non plus.

Que faut-il surveiller maintenant ?

Le volume cumulé exporté légalement sur les prochains mois, comparé à celui des saisies sur la même période.

C'est ce volume-là, converti en devises qui reviennent au pays, qui déciderait si l'or renforce un jour les réserves de change autrement qu'à la marge.

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