Le carburant est gelé jusqu'en décembre. En janvier, le prix peut monter de 200 ariary par mois, sur les trois produits.
Le Premier ministre l'a dit à la télévision : les prix du gasoil et du super resteront à leur niveau actuel au moins jusqu'en décembre. Pour janvier, le FMI exige l'application intégrale du mécanisme automatique, qui ne peut relever chaque prix que de 200 ariary par mois. Voici ce que cela donne en chiffres, ce que le gel coûte à l'État, et pourquoi chacun est concerné, avec ou sans voiture.

Jusqu'à quand les prix du carburant sont-ils gelés ?
Au moins jusqu'en décembre pour le gasoil (4 860 ariary le litre) et le super (5 300 ariary), a indiqué le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison. Seul le pétrole lampant a augmenté en octobre, de 200 ariary, à 3 910 ariary.
La raison avancée est l'inflation : une hausse du carburant se répercute sur le transport et les produits de base. La Banque centrale attend déjà 10,1 % d'inflation en décembre, et le FMI 9,3 %.
Que se passe-t-il en janvier ?
En débloquant 155 millions de dollars, le FMI a demandé l'application intégrale du mécanisme d'ajustement automatique d'ici janvier 2027. Le ministre de l'Économie parle d'un retour progressif à la « vérité des prix ».
Depuis le rétablissement du mécanisme en juillet, les hausses sont tombées produit par produit : le super en septembre, le pétrole lampant en octobre, pendant que le gasoil restait gelé. Le FMI demande que cette sélection prenne fin.
Que permet le plafond de 200 ariary ?
Chaque prix ne peut changer que de 200 ariary par litre et par mois. C'est 4,1 % du prix du gasoil, 3,8 % de celui du super et 5,1 % de celui du pétrole lampant.
Si les trois prix montaient au plafond pendant six mois, le gasoil passerait de 4 860 à 6 060 ariary (+25 %), le super de 5 300 à 6 500 (+23 %) et le pétrole lampant de 3 910 à 5 110 (+31 %).
Ce n'est pas une prévision, seulement ce que la règle autorise. Le rythme réel dépendra de l'écart entre le prix à la pompe et le prix de revient, qui n'est pas publié.
Combien coûte le gel à l'État ?
Le projet de loi de finances rectificative 2026 prévoyait 419 milliards d'ariary pour lisser les prix à la pompe, sans durée précisée. C'est 62 % des 675 milliards d'ariary que le FMI vient de décaisser.
Le chef de mission du FMI, Constant Lonkeng, a dit le 1er octobre que « la majeure partie des subventions bénéficie aux plus riches ». Les foyers modestes, qui consomment surtout du pétrole lampant, en profitent moins directement.
Pourquoi le FMI insiste-t-il sur janvier ?
Dans les projections du FMI, les dépenses courantes de l'État passent de 10,4 % du PIB en 2026 à 9,2 % en 2027, alors que les recettes fiscales ne progressent que de 11,0 % à 11,3 %. Dans le même temps, les dons reculent de 1,4 % à 0,6 % du PIB.
Le FMI veut que l'argent du carburant aille à l'éducation, à la santé et à la protection sociale. Il demande aussi des mesures ciblées pour protéger les plus vulnérables.
Quelles mesures prévues pour les ménages ?
Le gouvernement reconnaît la nécessité de la réforme et étudie des mesures d'accompagnement. Leur calendrier et leurs modalités restent à définir.
Aucune n'est publiée à ce jour. Le projet de loi de finances 2027, à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, est le prochain texte où elles pourraient apparaître.
Que représentent 200 ariary de plus dans un budget ?
Cela fait 2 000 ariary de plus par mois pour dix litres de gasoil ou de super, et 1 000 pour cinq litres de pétrole lampant. Le gasoil pèse aussi sur le transport des marchandises, donc sur les prix au marché.
La prochaine grille tombe début novembre. Notre Argus des carburants suit les trois prix, relevé par relevé.


