La CNaPS veut accueillir les indépendants. Elle n'a fixé ni la cotisation, ni la date.
Depuis soixante-dix ans, la protection sociale du secteur privé suppose un employeur. Le 29 septembre, la directrice générale de la CNaPS a annoncé que les travailleurs indépendants, dits « non-salariés », y entreraient aussi. Elle n'a précisé ni la cotisation, ni la date, ni les droits ouverts.

Qu'a réellement annoncé la CNaPS ?
Que l'ouverture aux indépendants devient un objectif à court terme. La directrice générale, Florent Soatiana Bety Léonne, l'a déclaré le 29 septembre à Ampefiloha, pour les 70 ans du système, avec le ministère du Travail.
Les conditions d'adhésion, les cotisations et les prestations restent à préciser.
Une chose est nouvelle : le projet a survécu aux changements de régime et aux changements de direction. Ce n'est pas rien.
Depuis quand promet-on cette réforme ?
Depuis octobre 2023. Une délégation malgache est alors allée étudier à Abidjan le régime ivoirien des travailleurs indépendants.
Une feuille de route est approuvée en décembre. En février 2024, un atelier à Ampefiloha annonce la retraite en premier, avec le Vakinankaratra comme région pilote.
En janvier 2025, la ministre promet la réforme du code de protection sociale dans l'année. Vingt mois plus tard, les cotisations restent à préciser. Nous avions fait le point sur cette réforme en août.
Combien de personnes la CNaPS couvre-t-elle aujourd'hui ?
Près de 700 000 travailleurs, selon la directrice générale, le 29 septembre. En février 2024, la CNaPS annonçait 800 000 affiliés.
Les deux termes ne se recouvrent peut-être pas : affiliés hier, bénéficiaires aujourd'hui. Si c'est la même mesure, le régime a pourtant perdu 100 000 personnes pendant qu'on promettait de l'élargir.
Combien coûtera l'affiliation d'un indépendant ?
Personne ne peut encore le dire : la CNaPS n'a publié ni taux, ni barème, ni date d'ouverture des adhésions.
Un salarié ne voit que 1 % retenu sur sa fiche de paie. La CNaPS, elle, reçoit 14 % de son salaire, parce que l'employeur en verse 13.
Un indépendant n'a pas d'employeur. Qui paiera cette part patronale est la vraie question de la réforme.
Le modèle que Madagascar disait suivre en 2023, celui de la Côte d'Ivoire, y répond sans détour : l'indépendant paie lui-même 12 % de son revenu déclaré, entre 30 000 et 180 000 francs CFA par mois.
Appliqué au nouveau SMIG de 315 000 ariary, ce taux donnerait 37 800 ariary par mois. Ce n'est pas un pronostic : le taux malgache n'existe pas encore.
Que faire en attendant ?
Ne pas attendre la CNaPS. Aucune adhésion n'est possible aujourd'hui, et rien n'indique que les années passées à attendre seront prises en compte.
L'épargne personnelle reste la seule retraite disponible : le Bon du Trésor Fihary démarre à 1 million d'ariary.
Si vous avez déjà été salarié, vos années cotisées comptent : calculez votre pension avant que la réforme n'arrive.


