Sur cent jeunes Malgaches qui travaillent, un seul a un emploi formel. Et 420 000 nouveaux arrivent chaque année.
Selon la Banque mondiale, 98,9 % des jeunes Malgaches qui travaillent ont un emploi informel. Le chômage officiel des 15-24 ans, lui, n'est que de 11 %, et pourtant 42 % des 18-35 ans disent chercher un emploi. Entre ces trois chiffres se cache la réalité du marché du travail des jeunes.

Combien de jeunes Malgaches ont un emploi formel ?
Presque aucun. Selon la Banque mondiale, 98,9 % des jeunes de 15 à 24 ans qui travaillent occupent un emploi informel, c'est-à-dire sans protection sociale liée à l'emploi.
Sur cent jeunes qui travaillent, un seul a donc un emploi formel.
Plus de 60 % d'entre eux travaillent dans une agriculture peu productive. Près d'un sur trois est à son compte.
Combien de personnes arrivent chaque année sur le marché du travail ?
Près de 420 000, d'après la Banque mondiale, et la plupart n'y trouvent que des emplois précaires ou informels. Les 15-24 ans devraient passer de 6,3 millions en 2023 à 9,8 millions en 2050.
Le ministère du Travail annonce 4 234 jeunes insérés en 2026, pour un objectif de 5 000. C'est environ un centième du flux annuel de nouveaux actifs.
Pourquoi le chômage officiel paraît-il si bas ?
L'enquête de l'INSTAT chiffre le chômage des 15-24 ans à 11,2 %, et celui de l'ensemble des actifs à 6,6 % (2021-2022).
La définition internationale compte comme occupée toute personne qui a travaillé au moins une heure dans la semaine. Une vendeuse de rue, ou un jeune qui aide aux champs, n'est donc pas comptée comme chômeuse.
Les jeunes se sentent-ils au chômage ?
Oui. En 2024, 42 % des 18-35 ans se disaient sans emploi et à la recherche d'un emploi, contre 11 à 29 % chez leurs aînés, selon l'enquête Afrobarometer menée auprès de 1 200 adultes.
Les tranches d'âge, les années et les méthodes diffèrent, donc ces chiffres ne s'opposent pas. L'un compte les heures travaillées, l'autre recueille ce que les jeunes ressentent.
Combien gagne un jeune qui travaille ?
Moins que le salaire minimum, pour 85 % des 15-24 ans, d'après l'enquête INSTAT de 2021-2022 citée par la Banque mondiale. Le document retient un minimum de 250 000 ariary ; il est aujourd'hui de 315 000.
Qu'est-ce qui bloque les jeunes ?
Trois obstacles reviennent dans l'enquête Afrobarometer : le manque de formation (30 %), le manque d'expérience (27 %) et l'écart entre les diplômes et ce que demandent les employeurs (16 %).
Du côté des offres, les services du ministère ont enregistré 48 845 demandeurs d'emploi pour 15 425 offres entre 2022 et juin 2026, soit environ trois candidats pour une place.
Que prévoit-on pour les jeunes ?
L'État a lancé en octobre 2025 Skills4Job, une formation gratuite aux métiers du numérique, avec un objectif de 40 000 personnes formées d'ici 2028. La première promotion comptait 51 stagiaires, à Toamasina.
La Banque mondiale prépare aussi un projet consacré aux compétences et à l'emploi des jeunes malgaches, encore au stade de l'évaluation en mars 2026.
Et partir travailler à l'étranger ?
C'est une piste parmi d'autres, avec ses conditions. Le séjour au pair en Europe et le permis de Mobilité francophone au Canada en sont deux exemples légaux.


