Diaspora

Au Canada, une journée au salaire minimum paie plus qu'un mois de Smig. Voici la porte réservée aux francophones.

Le Canada réduit de 43 % l'arrivée de travailleurs et d'étudiants étrangers en 2026. Il laisse pourtant ouverte une voie aux francophones qui s'installent hors du Québec : la Mobilité francophone. Conditions, niveau de français, frais, salaire, résidence permanente : voici comment elle fonctionne depuis Madagascar, et ce qu'il ne faut jamais payer.

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Campus de l'université d'Antananarivo, à Ankatso
Photo : Felana Rasoarimanana / Wikimedia Commons, CC0

Un Malgache peut-il partir travailler au Canada ?

Oui, mais pas avec un permis vacances-travail : Madagascar ne fait pas partie des pays partenaires de ce programme. La voie la plus directe pour un francophone est la Mobilité francophone, un permis de travail réservé aux emplois situés hors du Québec.

Qu'est-ce que la Mobilité francophone ?

Un permis qui dispense l'employeur canadien de prouver qu'il n'a trouvé personne sur place, une démarche longue appelée EIMT. Il lui suffit de déclarer son offre en ligne et de payer 230 dollars canadiens.

Depuis juin 2023, tous les niveaux d'emploi sont admis, du cadre au manutentionnaire, sauf les emplois agricoles les moins qualifiés. Le poste doit se trouver dans l'une des neuf provinces ou des trois territoires, hors Québec.

Quel niveau de français faut-il ?

Un niveau intermédiaire à l'oral, noté 5 sur l'échelle canadienne NCLC, en expression et en compréhension. Il se prouve par un test reconnu comme le TEF Canada ou le TCF Canada, sans épreuve de lecture ni d'écriture.

Pour un Malgache scolarisé en français, c'est souvent la partie la plus facile du dossier. La vraie difficulté est ailleurs : trouver l'employeur.

Combien gagne-t-on au Canada ?

Le salaire minimum fédéral est de 18,15 dollars canadiens de l'heure depuis avril 2026, soit environ 57 000 ariary. Une journée de huit heures rapporte ainsi plus de 450 000 ariary, davantage que le Smig malgache d'un mois.

Les provinces fixent leurs propres minimums, du même ordre de grandeur. Le loyer, le chauffage l'hiver et les transports en absorbent une bonne part.

Combien coûte la demande, et où la déposer ?

Le permis coûte 155 dollars canadiens, plus 85 dollars pour les empreintes et la photo, soit environ 760 000 ariary. La demande se fait en ligne, sur le site de l'immigration canadienne.

Les empreintes se donnent au centre de demande de visa du Canada à Antananarivo, sur rendez-vous gratuit. Le visa d'entrée, obligatoire pour les Malgaches, est accordé en même temps que le permis.

Peut-on ensuite rester au Canada pour de bon ?

C'est tout l'intérêt de cette voie. Après un an d'expérience qualifiée sur place, on peut viser la résidence permanente par le système Entrée express.

Ses tirages réservés aux francophones exigent des scores bien plus bas : 382 points le 19 août 2026, contre 523 la veille pour le tirage général. Le Canada vise 9 % de francophones parmi ses nouveaux résidents permanents hors Québec en 2026.

Et le Québec ?

La Mobilité francophone ne s'y applique pas : le Québec sélectionne lui-même ses travailleurs, et il a fortement réduit ses invitations cette année. À Montréal et à Laval, les permis liés aux emplois à bas salaire sont gelés jusqu'à fin décembre 2026.

Et partir étudier au Canada ?

C'est l'autre porte, mais elle se paie d'avance. Hors Québec, il faut prouver 23 448 dollars canadiens par an pour vivre, près de 74 millions d'ariary, en plus des frais de scolarité de la première année.

Une fois sur place, l'étudiant peut travailler jusqu'à 24 heures par semaine pendant les cours.

Où trouver un employeur canadien ?

Sur le Guichet-Emplois du gouvernement canadien, où les employeurs publient leurs offres, et au salon Destination Canada Forum Mobilité, dédié aux candidats francophones. Son édition 2026 s'est tenue en février, en partie en ligne, donc accessible depuis Madagascar.

Quels pièges éviter ?

Ne payez jamais pour une offre d'emploi ou une « EIMT » : leur vente est une fraude connue des autorités canadiennes. Les seuls frais légitimes sont ceux du permis, réglés directement sur le site officiel.

Si le Canada paraît trop loin, l'Europe a aussi ses portes d'entrée, comme le séjour au pair en Allemagne et ailleurs.

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