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Air Madagascar retrouve son nom. Un vol intérieur coûte toujours jusqu'à deux mois et demi de Smig.

Cinq ans après avoir disparu, la marque Air Madagascar revient sur les avions de la compagnie nationale. Le gouvernement promet un soutien « à 100 % », le directeur général annonce un redressement. Voici ce que le changement de nom modifie vraiment pour les passagers, ce que la compagnie doit encore, et ce que l'État y a déjà mis.

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ATR 72 aux couleurs d'Air Madagascar sur le tarmac de l'aéroport de Sainte-Marie
Photo : Antony Stanley / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Que change le retour du nom Air Madagascar pour les passagers ?

Rien, dans l'immédiat. Aucun changement de billets, de tarifs ou d'horaires n'a été annoncé lors de la cérémonie du 31 octobre.

La compagnie vole même toujours sous le certificat et la licence de Madagascar Airlines. La fusion et le transfert de ce certificat sont en cours, sans date publiée.

Pourquoi la compagnie avait-elle changé de nom ?

Pour repartir de zéro. Madagascar Airlines est née en 2021-2022 d'une restructuration qui regroupait Air Madagascar, alors en redressement judiciaire, et sa filiale Tsaradia.

Le nouveau départ a tourné court : la direction reconnaissait environ 25 millions de dollars de pertes en 2022, autant en 2023. En janvier 2024, seuls un ou deux avions sur six volaient.

Combien la compagnie doit-elle ?

Son passif est estimé à environ 100 millions de dollars, soit près de 460 milliards d'ariary. L'État a renoncé à près de 50 millions de dollars de créances pour soutenir le redressement.

Les comptes 2022 à 2024 de Madagascar Airlines ne sont pas disponibles, selon L'Express de Madagascar. Il est donc impossible de dire précisément ce qui reste dû aujourd'hui.

La compagnie va-t-elle mieux ?

Son directeur général, arrivé en mai 2026, l'affirme : le résultat d'exploitation serait passé d'environ 700 000 dollars de déficit à plus de 3 millions d'excédent. Ce sont ses chiffres, sans comptes publiés pour les vérifier.

La flotte compte cinq ATR 72, des avions à hélices d'environ 70 places. Le dirigeant prévient lui-même que « c'est un redressement qui prendra du temps ».

Combien l'État met-il dans la compagnie ?

Les 50 millions de dollars de créances abandonnées représentent près d'un tiers des 155 millions que le FMI a décaissés en septembre. S'y ajoute un Boeing 737-700, dont l'achat par l'État a été validé en Conseil des ministres.

Le prix de cet avion n'a pas été rendu public. Le Premier ministre a résumé la position du gouvernement : « Le gouvernement appuie Air Madagascar à 100 % ».

Pourquoi prendre l'avion coûte-t-il si cher à Madagascar ?

Un billet intérieur coûte entre 500 000 et 800 000 ariary, selon L'Express de Madagascar, soit 1,6 à 2,5 fois le Smig mensuel de 315 000 ariary. Les taxes et redevances pèsent sur ce prix, et la compagnie a demandé leur révision.

Le réseau s'est aussi réduit : les liaisons aériennes régulières de Madagascar ont reculé de 34 % entre 2015 et 2025, selon l'IATA, l'association internationale des compagnies aériennes.

Quelles lignes Air Madagascar rouvre-t-elle ?

La Réunion reprend le 16 décembre, avec deux vols par semaine via Sainte-Marie, à environ 500 euros le trajet selon L'Express. Antananarivo–Mahajanga–Moroni a déjà rouvert, deux fois par semaine.

Marseille, Bangkok et Canton sont à l'étude, sous réserve que les finances se stabilisent.

Qu'est-ce qui dira si le pari est réussi ?

Trois choses : la publication de comptes vérifiables, le transfert du certificat au nouveau nom, et la régularité des vols. Un nom ne fait voler aucun avion de plus.

Le carburant, payé en dollars, reste le premier risque : chaque hausse du dollar face à l'ariary renchérit le coût de chaque vol.

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