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Le Congrès américain a prolongé l'Agoa jusqu'en 2028. Le vrai problème du textile malgache n'était pas au vote.

Le Sénat américain a voté la prolongation de l'Agoa jusqu'en 2028 le 7 août. La Chambre des représentants a suivi le 1er septembre. Donald Trump a signé le texte le 3 septembre. Pour la zone franche malgache, c'est un sursis attendu.

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Cargos à quai au port de Toamasina, principal point d'exportation de Madagascar
Photo : Joussia / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Qu'est-ce que le Congrès américain a voté exactement ?

Le Sénat a approuvé la prolongation le 7 août, par 90 voix contre 6. La Chambre des représentants a fait de même le 1er septembre, par 370 voix contre 48.

Le président Donald Trump a promulgué le texte le 3 septembre.

L'Agoa devait expirer le 31 décembre 2026. Son échéance est repoussée au 31 décembre 2028.

Pourquoi Madagascar suit-il ce vote de si près ?

L'Agoa permet aux produits malgaches d'entrer aux États-Unis sans droits de douane. Le textile en est le premier bénéficiaire.

La zone franche textile est le premier employeur industriel du pays. Une expiration sans renouvellement l'aurait frappée de plein fouet.

Deux ans de visibilité valent donc mieux qu'un vote annuel sous tension, répété chaque fin d'année.

Est-ce que ce vote règle le problème du tarif douanier ?

Non. L'Agoa Extension Act fixe une date d'expiration et des critères d'éligibilité.

Il ne touche pas au tarif de réciprocité que l'administration américaine applique par ailleurs à Madagascar.

Ce tarif relève d'une décision exécutive distincte, et c'est lui qui rognait déjà l'avantage de l'Agoa avant ce vote. Ce texte ne s'y attaque pas.

Un exportateur malgache a donc, depuis le 3 septembre, deux ans de certitude sur l'accès au marché américain. Pas de certitude sur ce que ça lui coûtera d'y entrer.

Pourquoi seulement deux ans, et pas plus ?

Madagascar espérait davantage. Avec le Kenya, le pays coprésidait déjà un comité spécial plaidant pour un horizon plus long.

L'Afrique du Sud réclamait quinze ans. Le Congrès en a voté deux.

Le gouvernement malgache annonce vouloir continuer à plaider pour dix années supplémentaires après 2028.

Que faut-il surveiller maintenant ?

Deux dossiers avancent séparément, et c'est le second qui compte le plus pour les prix.

Le premier, réglé pour deux ans : l'accès au marché américain existe toujours. Le second, toujours ouvert : à quel tarif.

Un régime préférentiel prolongé qui coexiste avec un tarif élevé reste, pour l'acheteur américain, une décision qui se prend sur la facture finale — pas sur le nom du dispositif.

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